Introduction
L’Hôpital Protestant de Ngaoundéré, qui est certainement l’hôpital de référence de tout le système sanitaire de l’EELC, est le fruit d’une longue lutte et par ailleurs la preuve de l’abnégation et de la foi des premiers missionnaires.
Historique
En 1931 M et Mme Endressen sont arrivés à Ngaoundéré en provenance de Madagascar où ils étaient missionnaires depuis 1922. M. Endressen était pasteur tandis que sa femme infirmière. Cette dernière a tout de suite commencé une œuvre médicale à Ngaoundéré. Cette œuvre médicale consistait à rendre visite aux malades à domicile et à les traiter. Compte tenu du nombre impressionnant des malades qui affluaient vers elle, elle a eu à demander à la Mission de lui construire une salle où elle pourra hospitaliser ceux qui nécessitaient une mise en observation. Une case en paille de deux chambres lui fut construite. L’une des salles servait de salle d’hospitalisation pour hommes et la deuxième pour femmes. Elle a également commencé un programme d’éducation sanitaire dans les quartiers. Elle enseignait notamment l’hygiène, la prévention de certaines maladies courantes comme le paludisme, la tuberculose, les vers intestinaux et les maladies sexuellement transmissibles (MST). Malheureusement, elle tomba malade en 1935 et fut évacuée d’urgence en Norvège. Pendant ce temps le dispensaire resta fermé. Elle revint 3 ans plus tard, c’est-à-dire en 1938 et reprit ses activités au dispensaire avec beaucoup plus de courage et d’abnégation. Le grand souhait de Mme Endressen fut qu’un jour le Seigneur puisse permettre la création d’un hôpital à Ngaoundéré. C’est ainsi que chaque soir, elle allait sur le site actuel de l’hôpital protestant de Ngaoundéré prier Dieu pour qu’un hôpital y soit construit. En ce temps là, le site n’était pas encore choisi. Cette prière fut exaucée au moment même où elle s’apprêtait à aller en congé en Norvège avec son mari en 1947. Car cette année-là, la NMS décida d’envoyer un médecin pour renforcer le travail de Mme Endressen. Le Dr Bernt Sigurd Bjaanes, puisqu’il s’agit de lui, était alors arrivé au Cameroun avec sa femme Helene Ofstad au mois de février 1947. Un an plus tard, et précisément le 1er juin 1948, M. John Fosse fut envoyé. Il était infirmier et diacre.
L’intervention de la Sudan Mission (SM).
La SM avait déjà émis en 1945 l’idée de collaborer avec la NMS et la Mission Fraternelle Luthérienne (MFL) au Nord du Cameroun pour la création d’un hôpital commun, parce qu’elle avait reçu suffisamment d’argent pour la construction d’un hôpital. Cet hôpital devrait être bénéfique non seulement pour la population autochtone mais aussi pour la prise en charge des missionnaires des trois missions (NMS, SM, MFL). Seulement la MFL trouva que le choix de la ville de Ngaoundéré ne pouvait pas leur être bénéfique dans la mesure où il se situait loin de leur champ d’action. Toutefois, elle participa avec une somme de 2000 dollars US sans être impliqué dans le projet. L’idée par contre fut très bien accueillie par la NMS. Cependant, la NMS qui traversait une période de turbulence financière accepta plutôt l’idée que l’hôpital soit créé à Meiganga. Mais seulement à ce moment-là, le gouvernement avait entrepris la construction d’un hôpital à Meiganga et n’entendait pas voir ériger un autre hôpital dans la même ville. Le projet échoua. Un an plus tard, c’est-à-dire en 1946, c’est au tour de la NMS de revenir sur le sujet. Le Surintendant norvégien, le Rév. Endressen proposa de nouveau Meiganga, car il était convaincu que l’administration coloniale s’opposerait à la création d’un hôpital à Ngaoundéré en raison des relations peu sympathiques qu’elle avait avec la Mission. Le Surintendant américain, le Pasteur Andersen quant à lui souhaitait que cet hôpital soit à Ngaoundéré. Pour mettre fin à leur discussion, ils étaient allés rendre visite à l’Administrateur colonial qui était, contre toute attente favorable à la création d’un hôpital à Ngaoundéré. La direction Centrale de la NMS fut très ravie de cette décision et entreprit aussitôt le recrutement du personnel. Seulement, les missionnaires américains qui étaient bloqués aux USA pendant la guerre et qui n’avaient pas participé aux discussions se sont opposés de façon énergique à l’idée d’avoir un hôpital à Ngaoundéré au lieu de Meiganga. Il fallait encore laisser tomber cette décision à la grande indignation de la NMS qui avait décidé de s’engager seule malgré ses difficultés financières.
Evolution
1948 fut vraisemblablement l’année de démarrage effectif du Dispensaire de Ngaoundéré, avec la présentation aux autorités coloniales du plan du dispensaire. Jusque là le «dispensaire de Mme Endressen » n’était pas encore reconnu officiellement par les autorités. Ce plan fut présenté par le Surintendant norvégien le Pasteur Endressen. De plus, l’équipe sanitaire était bien renforcée avec l’arrivée du Dr Bjaanes, médecin généraliste et de M. John Fosse, infirmier et diacre. Trois camerounais se sont ajoutés à cette équipe. Il s’agit de MM Okala de tribu Béti venant du sud du Cameroun, Mbardouka et Hamaselbé qui étaient tous deux Dii, originaires de l’Adamaoua. Malheureusement Mbardouka va mourir un an plus tard et sera remplacé par M. Moussa Martin. Ces trois camerounais feront partie de la première promotion des élèves infirmiers de 1954.
En 1949 l’idée de la création de l’hôpital protestant de Ngaoundéré était déjà bien avancée. Il fallait trouver le site qui devrait abriter hôpital. Cette lourde tâche revenait au Dr Bjaanes, à M. Fosse et à M. Skauge. Ils ont opté pour le site où se trouve actuellement l’hôpital. Cette même année, la Direction de la NMS a envoyé M. Ove Aasen, architecte pour démarrer les travaux de constructions de la maison d’habitation du Dr Bjaanes et de l’hôpital. Il a commencé par construire d’abord la maison du médecin en 1950 (actuelle maison du Médecin chef).
Entre temps le Pasteur Gunderson, Surintendant de la SM décéda et fut remplacé par le Dr Syrdal. Celui-ci relança à nouveau l’idée de la collaboration avec la NMS pour la création d’un hôpital commun. Il a supplié la SM d’enterrer la hache de guerre surtout que la NMS avait déjà définitivement opté pour la construction d’un hôpital à Ngaoundéré sur l’initiative de la SM. Il ne fallait donc pas rester à la traîne. Cependant, il y avait beaucoup des sous-entendus dans les propositions de collaboration du Dr Syrdal. C’est ce qui conduira à la convocation de la réunion du 2 février 1953 pour éclaircir les choses.
Après cette mise au point, il fallait maintenant penser au financement de la construction de l’hôpital. Comme dit plus haut, la SM avait déjà reçu assez d’argent pour construire un hôpital. Mais cet argent n’était pas suffisant pour construire un grand hôpital commun. En outre, la situation économique de la NMS devenait de plus en plus critique, ce qui ne lui permettait pas de continuer le financement de la construction de l’hôpital malgré le fait que les travaux de construction avaient déjà démarré. Sur proposition du Pasteur Keller, secrétaire de la Mission, une demande d’aide a été adressée à une organisation française FIDES. Une somme de 100 millions de francs avait été demandée, mais seulement 2 882 000 francs ont été obtenus. Mais seulement, FIDES exigeait que soient inclus dans cet hôpital, un service de chirurgie, et un service d’odontologie (dentisterie).
Pendant ce temps, un américain nommé Young était en visite au Cameroun. C’était un homme généreux et très riche. Il a sur-le-champ promis une somme de 25 000 Dollars US pour la construction de l’hôpital. Comme par enchantement, tout le problème financier était résolu. Cette somme était si importante qu’elle pouvait non seulement construire tout l’hôpital, y compris le service de chirurgie et l’odontologie comme exigé par FIDES, mais elle permettrait également de construire une école d’infirmiers, des maisons d’habitations des médecins, et des maisons d’habitations de quelques infirmiers. En plus M. Young dans sa correspondance du 20 avril 1954, avait promis de payer les frais de fonctionnement de cet hôpital pendant une période minimale de 5 ans et une période maximale de 10 ans. Ce don venait comme une réponse aux multiples prières qui s’étaient élevées vers Dieu pour la création d’un hôpital à Ngaoundéré.
Un comité de construction a été nommé pour conduire les travaux jusqu’à son terme. Ce comité était composé de M. Oscar Noss (SM) et Mlle Ada Kopstad (NMS). L’utilisation du don de 25 000 dollars devrait se faire de la manière suivante :
- construction de 2 bâtiments de 5 chambres pour les malades africains d’une valeur de 50 000 francs;
- des équipements hospitaliers d’une valeur de 305 000 francs;
- un bâtiment pour une clinique dentaire d’une valeur de 500 000 francs;
- des équipements dentaires de 500 000 francs;
- une maison d’habitation pour le dentiste de 720 000 francs;
- un pavillon pour les Blancs de 1 350 000 francs qui allait comprendre 4 salles d’hospitalisations, deux salles à manger, deux cuisines, quatre douches et toilettes et une salle d’examen et d’accouchements;
- une chapelle et une salle de classe de 500 000 francs.
Le terrain sur lequel l’hôpital de Ngaoundéré a été construit a été attribué à la Mission Norvégienne par l’arrêté No 353 du 24 juin 1949. Les travaux ont été dirigés par M Ove Aasen. Sur la demande faite au Gouverneur de la France d’Outre-mer, Haut Commissaire de la République du Cameroun résidant à Yaoundé le 4 septembre 1952 et conformément au plan qui lui a été présenté par M. Endressen, il était question de construire : une maison d’habitation et dépendances, un dispensaire (bâtiment central), quatre cases d’hospitalisations, une case de stérilisation, trois cases pour le personnel Noir et l’installation de l’eau et des sanitaires.
En 1956 la Fondation Young avait donné au total une somme de 48 800 dollars qui a permis de construire un pavillon chirurgical, une clinique dentaire, la résidence du dentiste, la maison de M. Aasen, l’annexe de l’hôpital, deux maisons pour infirmiers, une cuisine pour le pavillon chirurgical, une salle pour le groupe électrogène, dix chambres d’hospitalisation et un bureau. Le tout pour une valeur de 41 600 dollars.
Le personnel
L’hôpital Protestant de Ngaoundéré emploie aujourd’hui plus de 127 personnes :
NOS SERVICES
- Dispensaire ;
- Service de médecine;
- Service d’Imagerie Médicale (radiographie, échographie, mammographie, endoscopie);
- Service de Maternité;
- Service Néonatalogie;
- Santé Maternelle et Infantile;
- Service de Laboratoire;
- Service du Bloc Opératoire;
- Service de chirurgie;
- Service de Pédiatrie;
- Service de Réanimation;
- Service des Brûlés;
- Service des Urgences;
- Service de kinésithérapie;
- Service de l’Aumônerie Hospitalière;
- Service Social;
- Service de la Pharmacie et Caisse;
- Service de Maintenance Biomédicale;
- Service de Statistiques
- Service d’Entretien
- Unité de Prise en charge des Personnes Vivant avec le VIH/SIDA (UPEC);
- Prévention de la Transmission Mère-Enfant (PTME);
- Programme de lutte contre la tuberculose;
- Programme Elargi de Vaccination;




